Belgique Coupe du Monde 2026: Dernière Chance pour la Génération Dorée ?

Les Diables Rouges de Belgique au Mondial 2026 face à leur dernier défi avec la génération dorée

En 2018, j’ai regardé Kevin De Bruyne pleurer après la défaite contre la France en demi-finale. Pas des sanglots de rage — des larmes de quelqu’un qui sent le temps filer entre ses doigts. Sept ans plus tard, la Belgique Coupe du Monde 2026 représente probablement la dernière opportunité pour cette génération exceptionnelle de soulever un trophée majeur. À 35 ans, De Bruyne sera encore présent aux États-Unis. Mais sera-t-il le même joueur qui a fait trembler les défenses du monde entier ?

Pour nous au Luxembourg, les Diables Rouges sont notre équipe par procuration. On partage une frontière, des milliers de supporters binationaux, et surtout cette proximité culturelle francophone qui fait qu’on vibre ensemble. Quand la Belgique joue, les cafés de Luxembourg-Ville se remplissent de maillots rouges. Cette analyse n’est donc pas neutre — elle vient d’un observateur qui suit chaque qualification, chaque match amical, chaque polémique de vestiaire depuis neuf ans.

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Le parcours de qualification: une formalité trompeuse

Un ami parieur m’a dit un jour: « Les qualifications belges, c’est comme regarder un film dont on connaît la fin. » Sauf que cette fois, le scénario a connu quelques rebondissements inattendus. La Belgique a terminé première de son groupe de qualification avec 24 points sur 30 possibles, mais ce chiffre masque des moments de doute réels qui interrogent sur la forme actuelle de l’équipe.

Le match contre l’Autriche en octobre 2025 reste gravé dans les mémoires: menés 2-0 à la pause à domicile, les Diables ont dû puiser dans leurs réserves pour arracher un nul 2-2. Cette soirée a révélé une vulnérabilité défensive préoccupante et un manque de solutions offensives quand le plan A ne fonctionne pas. Contre des adversaires théoriquement plus faibles comme l’Estonie ou le Kazakhstan, la Belgique a certes dominé, mais sans jamais écraser ses opposants comme l’auraient fait les grandes nations.

Les statistiques racontent une histoire nuancée: 19 buts marqués en 10 matchs, soit moins de deux par rencontre. Pour une équipe réputée pour son potentiel offensif, ce rendement interroge. La défense a encaissé 8 buts, un bilan correct mais loin de l’imperméabilité qu’on attend d’un candidat au titre mondial. Le contraste avec les qualifications de 2018, où la Belgique avait inscrit 43 buts en 10 matchs, illustre parfaitement le déclin de cette génération. Pas une chute brutale — plutôt une érosion progressive, match après match.

Ce qui m’inquiète davantage que les résultats, c’est la manière de jouer. L’équipe de Roberto Martinez en 2018 pratiquait un football direct, vertical, avec des transitions éclair. Aujourd’hui, sous la direction de Domenico Tedesco, le jeu est plus prudent, plus conservateur. Certains y voient une adaptation nécessaire à l’âge du groupe ; d’autres, dont je fais partie, regrettent cette prudence excessive qui bride le talent individuel.

La génération dorée: trop tard ou juste à temps ?

J’ai une théorie que je défends depuis des années: la génération dorée belge a toujours manqué d’un vrai numéro 9 de classe mondiale. Eden Hazard était un faux 9 brillant, Romelu Lukaku un buteur efficace mais limité techniquement, et Michy Batshuayi n’a jamais franchi le cap. Cette absence explique en partie pourquoi tant de talent n’a jamais abouti à un trophée majeur. Pour le Mondial 2026, la question se pose différemment: le problème n’est plus le numéro 9, mais l’usure générale du groupe.

Prenons les chiffres bruts. L’âge moyen du onze type belge pour ce Mondial approchera les 31 ans. En comparaison, l’Espagne championne en 2010 avait une moyenne de 27 ans, l’Allemagne 2014 de 26 ans, la France 2018 de 26 ans également. Aucune équipe n’a remporté une Coupe du Monde avec un effectif aussi vieillissant depuis l’Italie 2006 — une équipe ultra-défensive qui ne correspond absolument pas au profil belge. Ce parallèle statistique devrait refroidir les ardeurs des plus optimistes.

Mais les statistiques ne racontent jamais toute l’histoire. L’expérience des grands tournois constitue un atout inestimable que les données ne capturent pas. Thibaut Courtois a disputé trois Coupes du Monde, Kevin De Bruyne connaît la pression des matchs couperets comme personne, Jan Vertonghen a vécu les plus grandes batailles. Cette maturité collective peut compenser le déclin physique, à condition que les corps tiennent le choc d’un tournoi étalé sur un mois.

Le véritable débat porte sur la transition générationnelle. Tedesco a-t-il préparé l’après-génération dorée, ou a-t-il simplement essayé de prolonger l’illusion ? Les critiques pointent l’intégration insuffisante de jeunes talents comme Jérémy Doku, Arthur Theate ou Amadou Onana dans le système de jeu. Ces joueurs dépassent rarement le statut de remplaçants de luxe, condamnés à entrer en fin de match pour apporter de la fraîcheur sans vraiment peser sur le résultat. Un pari risqué qui pourrait se retourner contre la Belgique si les cadres venaient à flancher physiquement.

Kevin De Bruyne: dernier grand tournoi ?

Dimanche soir, j’ai revu les highlights du but de De Bruyne contre le Brésil en 2018 — cette course solitaire de 60 mètres, ce tir du gauche qui a fait exploser Kazan. Puis j’ai regardé son match contre Arsenal la semaine dernière: deux occasions créées, une passe décisive, mais aussi des signes évidents de fatigue en seconde période. À 35 ans, le capitaine belge reste un joueur d’exception, mais il n’est plus l’athlète insatiable d’il y a sept ans.

Les chiffres de sa saison 2025-2026 avec Manchester City reflètent cette évolution. Son temps de jeu a diminué de 15% par rapport à la saison précédente, Pep Guardiola le ménageant pour les matchs importants. Ses statistiques de création restent élites — 0.34 expected assists par 90 minutes, dans le top 5 européen — mais sa capacité à répéter les efforts sur plusieurs matchs consécutifs s’est clairement dégradée. Pour un tournoi où la Belgique pourrait jouer sept matchs en 25 jours, cette limitation physique pose question.

La question du leadership me préoccupe également. De Bruyne a toujours été un leader par l’exemple plutôt que par la parole. Son jeu parle pour lui. Mais que se passe-t-il quand le jeu n’est plus aussi éloquent ? Les récentes déclarations sur sa frustration face à la gestion de l’équipe nationale, ses critiques voilées envers certains choix tactiques, suggèrent un joueur moins serein qu’auparavant. Un capitaine qui doute peut transmettre ce doute à l’ensemble du groupe.

Pourtant, je refuse de l’enterrer. Les grands joueurs savent adapter leur jeu à leurs nouvelles réalités physiques. De Bruyne possède une intelligence de jeu supérieure, une vision qui ne s’altère pas avec l’âge. S’il accepte un rôle moins prédominant, moins consommateur d’énergie, il peut encore faire des ravages sur des actions ponctuelles. Le penalty transformé contre le Portugal à l’Euro 2024, alors qu’il jouait diminué, prouve que la classe reste intacte dans les moments décisifs.

Thibaut Courtois: le mur belge

Chaque fois qu’on me demande quelle est la meilleure chance belge pour ce Mondial, je réponds sans hésiter: Thibaut Courtois. Le gardien du Real Madrid traverse une période de grâce absolue. Sa rupture du ligament croisé en 2023 semblait avoir sonné le glas de sa carrière au plus haut niveau, mais son retour a démenti tous les pronostics pessimistes. À 34 ans, il réalise statistiquement sa meilleure saison depuis une décennie.

Les données parlent d’elles-mêmes. Sur la saison 2025-2026, Courtois affiche un taux d’arrêts de 78.3%, le meilleur de La Liga et le deuxième meilleur des cinq grands championnats européens. Plus impressionnant encore, son « goals prevented » — différence entre les buts attendus contre lui et les buts réellement encaissés — atteint +9.2, un chiffre qui signifie qu’il empêche en moyenne un but tous les quatre matchs que n’importe quel gardien moyen aurait encaissé. Dans un tournoi où les marges sont infimes, disposer d’un tel avantage au poste de gardien change la donne.

Sa réconciliation avec Domenico Tedesco après les tensions de 2023 apporte également une sérénité bienvenue. Courtois avait boycotté une liste de sélection, créant une crise institutionnelle qui a failli briser l’équipe nationale. La médiation de la fédération belge a permis de régler le conflit, et aujourd’hui le gardien semble pleinement investi dans le projet collectif. Cette maturité retrouvée renforce sa stature de leader silencieux, celui qui stabilise la défense par sa simple présence.

Le seul bémol concerne son historique avec l’équipe nationale dans les grands moments. Contre la France en 2018, il n’a rien pu faire sur le corner victorieux. Contre l’Italie en 2021, sa position sur le but de Insigne reste discutable. Les gardiens sont souvent jugés sur ces détails — un centimètre de placement, une fraction de seconde de réaction — et Courtois n’a pas encore eu son match référence en Coupe du Monde. Ce Mondial pourrait être l’occasion de graver son nom dans l’histoire.

La relève est-elle prête ?

On m’a reproché d’être trop dur avec les jeunes Belges. Peut-être. Mais quand je compare Jérémy Doku à 22 ans avec Eden Hazard au même âge, je ne vois pas la même assurance, la même capacité à prendre un match par les épaules. Doku possède une vitesse fulgurante, une capacité à éliminer supérieure, mais son efficacité devant le but reste problématique. Ses 4 buts et 6 passes décisives cette saison avec Manchester City constituent un bon rendement, pas celui d’un futur Ballon d’Or.

Amadou Onana représente un profil plus intéressant pour le Mondial. Le milieu d’Aston Villa apporte une dimension physique qui manquait à l’entrejeu belge. À 24 ans, il combine puissance, récupération et capacité à se projeter vers l’avant. Son association avec De Bruyne pourrait créer un équilibre idéal entre conservation et verticalité. Le problème, c’est qu’Onana n’a jamais disputé de Coupe du Monde — l’expérience des grands tournois ne s’improvise pas.

Arthur Theate en défense centrale pose une équation différente. Excellent en club avec Rennes, le défenseur de 24 ans n’a pas encore convaincu en sélection. Ses erreurs contre l’Autriche ont alimenté les critiques, et Tedesco semble lui préférer des solutions plus expérimentées comme Wout Faes ou même le vétéran Toby Alderweireld pour les matchs importants. Ce manque de confiance dans la jeunesse défensive pourrait coûter cher si les corps des anciens venaient à lâcher.

La comparaison avec d’autres sélections révèle le retard belge en matière de renouvellement. L’Espagne a intégré Pedri et Gavi à 18 ans dans son système. L’Angleterre fait confiance à Bellingham depuis ses 19 ans. La France a lancé Mbappé à 17 ans. La Belgique, elle, continue de s’appuyer sur des trentenaires en fin de cycle tout en maintenant ses jeunes talents dans un rôle de figurants. Cette philosophie prudente explique peut-être pourquoi le pays n’a jamais remporté de trophée majeur malgré une densité de talents exceptionnelle.

Groupe G: mission facile ou piège ?

Tirage au sort favorable, disent les optimistes. Piège à éviter, répondent les réalistes. La Belgique affrontera l’Égypte, l’Iran et la Nouvelle-Zélande dans le Groupe G de ce Mondial 2026. Sur le papier, c’est le groupe parfait pour une équipe en quête de confiance. En pratique, les pièges sont nombreux pour une sélection qui n’a plus l’habitude de gagner facilement.

L’Égypte représente l’adversaire le plus dangereux. Mohamed Salah sera encore là à 34 ans, toujours capable de renverser un match à lui seul. L’équipe entraînée par Rui Vitória a développé un jeu plus collectif que par le passé, moins dépendant de sa star. Leurs qualifications africaines ont montré une solidité défensive retrouvée — seulement 3 buts encaissés en 6 matchs. Le match d’ouverture contre l’Égypte, à Seattle le 15 juin à minuit heure luxembourgeoise, sera déterminant pour la suite du tournoi.

L’Iran constitue un adversaire atypique que les Européens sous-estiment systématiquement. Troisième participation consécutive en Coupe du Monde, un bloc défensif compact quasi impénétrable, une capacité à jouer les coups sur les transitions. En 2018, ils avaient tenu le Portugal 1-1 et failli éliminer l’Espagne. En 2022, ils avaient battu le Pays de Galles et inquiété l’Angleterre. Face à une Belgique vieillissante qui pourrait manquer de jambes, leur contre-pressing intensif représente une menace réelle.

La Nouvelle-Zélande, enfin, reste une équipe de qualification océanienne sans grande ambition, mais capable de coups d’éclat ponctuels. Leur match contre la Belgique à Vancouver le 26 juin, dernier de la phase de groupes, pourrait devenir un piège si les Diables sont déjà qualifiés et en gestion. L’histoire des Coupes du Monde regorge d’exemples de favoris qui se font surprendre par des adversaires supposément inférieurs dans ce type de configuration.

Belgique vs Égypte: le match qui décide tout

J’ai analysé les 12 derniers matchs d’ouverture de la Belgique en compétition majeure. Le constat est clair: quand ils gagnent le premier match, ils atteignent systématiquement les quarts de finale ou mieux. Quand ils trébuchent, la confiance s’effrite et la suite devient chaotique. Le match contre l’Égypte le 15 juin n’est donc pas une simple rencontre de phase de groupes — c’est le match qui définira l’état d’esprit pour tout le tournoi.

Le défi tactique est complexe. L’Égypte défend en bloc bas 5-4-1, avec Salah en électron libre pour exploiter les espaces laissés par la défense adverse. Ce système oblige les attaquants à trouver des solutions dans des espaces réduits, ce qui n’est pas le point fort d’une équipe belge plus à l’aise dans les transitions rapides. De Bruyne devra trouver les ouvertures dans un mur défensif bien organisé, ce qui suppose une patience et une précision que l’équipe n’a pas toujours montrées récemment.

L’avantage belge réside dans l’expérience des grands matchs. Courtois, De Bruyne, Lukaku ont joué des dizaines de rencontres à élimination directe en Ligue des Champions. Cette habitude de la pression peut faire la différence contre une équipe égyptienne moins aguerrie à ce niveau d’enjeu. Si la Belgique parvient à ouvrir le score dans le premier quart d’heure, la nervosité égyptienne pourrait faire le reste.

Belgique vs Iran: le match de gestion

Six jours après l’Égypte, les Diables affronteront l’Iran à Los Angeles. Le décalage horaire — minuit heure luxembourgeoise — et la récupération physique entre les deux matchs constitueront des facteurs déterminants. La profondeur du banc belge sera testée, et c’est là que les doutes surgissent. Tedesco osera-t-il faire tourner ? Les remplaçants seront-ils à la hauteur ?

L’Iran pratique un football frustrant pour les équipes qui cherchent à dominer. Leur bloc compact à 40 mètres de leur but laisse peu d’espaces, et leurs transitions rapides peuvent punir n’importe quelle défense trop avancée. La Belgique devra trouver l’équilibre entre pressing haut pour récupérer vite le ballon et prudence défensive pour ne pas s’exposer aux contres iraniens. Un exercice d’équilibriste que l’équipe n’a pas toujours réussi dans les matchs récents.

La clé réside dans la gestion des individualités. Si De Bruyne est ménagé contre l’Égypte, il pourra être décisif contre l’Iran. Inversement, si Tedesco l’utilise à plein régime dès le premier match, la fatigue pourrait peser sur cette deuxième rencontre. Les choix de rotation seront scrutés de près et pourraient définir la trajectoire du tournoi pour les Diables Rouges.

Belgique vs Nouvelle-Zélande: attention au piège

Le dernier match de groupe contre la Nouvelle-Zélande à Vancouver semble être une formalité. Mais l’histoire du football regorge de ces matchs de clôture où le favori, déjà qualifié mentalement, se fait surprendre. La Belgique de 2022 a été éliminée en phase de groupes après une défaite contre le Maroc que personne n’avait anticipée. Ce précédent devrait inciter à la prudence.

Vancouver offre des conditions de jeu particulières. Le climat du Pacifique Nord, plus frais que Los Angeles ou Seattle, pourrait avantager les Néo-Zélandais habitués aux températures modérées. Le décalage horaire — 3 heures du matin pour le Luxembourg — complique également la récupération pour les joueurs européens. Ces détails peuvent sembler anecdotiques, mais dans un tournoi où les marges sont infimes, ils comptent.

Le système de jeu: forces et faiblesses

Domenico Tedesco a hérité d’une équipe construite pour le 3-4-3 de Roberto Martinez et a tenté de la convertir en 4-3-3. Cette transition tactique reste inachevée après deux ans à la tête de la sélection. Les joueurs semblent encore chercher leurs repères, hésitant entre les automatismes de l’ancien système et les exigences du nouveau. Cette confusion a coûté des points précieux en qualifications et pourrait s’avérer fatale en Coupe du Monde.

La force principale du système réside dans le milieu de terrain. De Bruyne en position de meneur, épaulé par Onana en récupération et Tielemans en relais, forme un triangle complémentaire qui combine créativité, puissance et technique. Quand ce trio fonctionne, la Belgique peut rivaliser avec n’importe quelle équipe au monde. Le problème survient quand l’un des trois est en difficulté — les solutions de remplacement n’offrent pas le même niveau de garantie.

La faiblesse majeure concerne les couloirs défensifs. Timothy Castagne et Thomas Meunier ont vieilli ensemble, perdant progressivement la capacité à répéter les allers-retours qui faisaient leur force. Les alternatives — Maxim De Cuyper, Arthur Theate reconverti — n’ont pas convaincu en sélection. Cette vulnérabilité sur les flancs pourrait être exploitée par des équipes rapides en transition, ce qui inclut à peu près tous les adversaires potentiels en phase finale.

L’attaque pose également question. Romelu Lukaku reste le titulaire indiscutable au poste de numéro 9, mais son rendement en sélection a décliné. Ses 68 buts en 113 matchs internationaux constituent un record impressionnant, mais plus de la moitié ont été inscrits avant 2022. Depuis, le buteur de 33 ans peine à retrouver son efficacité en bleu. Loïs Openda offre une alternative plus mobile mais moins expérimentée, tandis que Doku sur l’aile apporte de la vitesse sans garantie d’efficacité finale.

Belgique aux Mondiaux: le complexe du presque

Un jour, un journaliste anglais m’a dit: « Les Belges sont les nouveaux Néerlandais — toujours talentueux, jamais champions. » Cette comparaison cruelle résume parfaitement le parcours de la Belgique en Coupe du Monde. Demi-finalistes en 2018, leur meilleur résultat, mais incapables de franchir la dernière marche. Quart-finalistes en 2014, éliminés par l’Argentine. Avant cela, des décennies de médiocrité entrecoupées de rares qualifications sans éclat.

Le traumatisme de 2018 reste vivace dans l’esprit des joueurs. Ce but de Samuel Umtiti sur corner, cette impuissance collective face à une France moins talentueuse mais mieux organisée, cette sensation d’avoir laissé passer une opportunité unique. Les déclarations de Thierry Henry, alors adjoint de Martinez, sur la supériorité technique belge qui aurait dû l’emporter, alimentent encore les regrets. Cette blessure non cicatrisée peut devenir un moteur ou un frein — tout dépendra de la capacité du groupe à transformer la frustration en détermination.

Le fiasco de 2022 au Qatar a ajouté une couche de doute. Éliminés dès la phase de groupes après une victoire laborieuse contre le Canada, un nul contre la Croatie et une défaite humiliante contre le Maroc. Les tensions dans le vestiaire, les critiques publiques entre joueurs, le manque d’unité collective — tout a volé en éclats. Tedesco a été nommé pour reconstruire, mais les fondations restent fragiles. Un nouveau couac en 2026 pourrait définitivement enterrer les ambitions de cette génération.

Cotes et pronostics: faut-il miser sur la Belgique ?

Les bookmakers placent actuellement la Belgique entre la 10ème et la 12ème cote pour la victoire finale, derrière le Brésil, l’Argentine, la France, l’Angleterre, l’Espagne, l’Allemagne, le Portugal, les Pays-Bas et parfois les États-Unis. Cette position reflète exactement le statut actuel des Diables Rouges: une équipe de second rang, capable de surprise mais pas favorite. Pour le groupe G, la Belgique reste logiquement favorite avec une cote autour de 1.30 pour la première place.

Mon analyse de la valeur des cotes diverge selon les marchés. Pour la victoire finale, la Belgique ne représente pas une bonne opportunité — trop de facteurs négatifs (âge, forme, cohésion) pour justifier un pari à long terme. En revanche, les paris sur les matchs de groupe offrent des opportunités intéressantes. Un handicap -1.5 contre la Nouvelle-Zélande à une cote de 1.80 semble raisonnable, tout comme un « Both Teams to Score: No » contre l’Iran autour de 2.00.

Le marché des meilleurs buteurs belges mérite attention. Romelu Lukaku reste le choix évident, mais sa cote est trop basse pour représenter une vraie valeur. Loïs Openda à une cote de 4.50 pour être le meilleur buteur belge du tournoi offre un ratio risque/récompense plus intéressant. Doku pour un but marqué dans le tournoi à 2.50 constitue également une option valable compte tenu de son temps de jeu probable et de sa position sur le terrain.

Les paris sur le parcours présentent les meilleures opportunités. « Belgique sort au premier tour » autour de 8.00 est surcôté — malgré leurs défauts, les Diables restent largement supérieurs aux trois autres équipes du groupe. « Belgique atteint les quarts de finale » à 1.75 semble équilibré et reflète correctement les chances réelles de l’équipe. Au-delà, les incertitudes sont trop nombreuses pour justifier un engagement.

Calendrier en heures luxembourgeoises

Pour suivre les Diables Rouges depuis le Luxembourg, voici les horaires convertis en heure d’été luxembourgeoise (CEST). Le premier match contre l’Égypte aura lieu le 15 juin à minuit — techniquement le 15 juin mais pratiquement dans la nuit du 14 au 15. Un horaire tardif qui compliquera le visionnage pour ceux qui travaillent le lundi matin, mais qui devrait garantir une ambiance électrique dans les bars luxembourgeois ouverts pour l’occasion.

Le deuxième match contre l’Iran est programmé le 21 juin à minuit également, même configuration nocturne. Ces horaires américains de prime time (18h00 heure locale) se traduisent par des nuits blanches pour les supporters européens. Le troisième match contre la Nouvelle-Zélande à Vancouver le 26 juin à 3h00 du matin sera le plus difficile à suivre en direct. Les organisateurs de soirées Mondial au Luxembourg devront prévoir le café en quantité industrielle.

En cas de qualification pour le Round of 32, la Belgique jouerait entre le 28 juin et le 2 juillet, avec des horaires potentiellement plus accessibles selon le stade désigné. La suite du parcours dépendrait du classement final dans le groupe, avec des chemins radicalement différents selon que les Diables terminent premiers ou deuxièmes. Consultez le calendrier complet du Mondial 2026 pour planifier vos soirées.

La Belgique peut-elle gagner la Coupe du Monde 2026 ?

Théoriquement oui, mais les probabilités sont faibles. L’âge moyen élevé de l’équipe, les problèmes de cohésion révélés au Qatar 2022 et le déclin de plusieurs joueurs clés réduisent les chances belges. Un parcours jusqu’aux quarts de finale reste l’objectif réaliste, une demi-finale serait une excellente performance compte tenu du contexte.

Quand joue la Belgique au Mondial 2026 ?

La Belgique jouera ses trois matchs de groupe les 15 juin contre l’Égypte à Seattle (minuit heure luxembourgeoise), 21 juin contre l’Iran à Los Angeles (minuit) et 26 juin contre la Nouvelle-Zélande à Vancouver (3h00 du matin). Tous les horaires sont en heure d’été luxembourgeoise (CEST).

Quel est le groupe de la Belgique au Mondial 2026 ?

La Belgique se trouve dans le Groupe G avec l’Égypte, l’Iran et la Nouvelle-Zélande. Un groupe abordable sur le papier où les Diables Rouges sont largement favoris pour la première place. L’Égypte avec Mohamed Salah représente le principal danger.

Kevin De Bruyne jouera-t-il au Mondial 2026 ?

Oui, Kevin De Bruyne sera présent pour ce qui constituera probablement son dernier Mondial à 35 ans. Malgré des signes de fatigue plus fréquents, le capitaine des Diables Rouges reste un joueur de classe mondiale capable de faire la différence dans les grands matchs.

Le verdict d’un observateur luxembourgeois

Après neuf ans à suivre la Belgique dans tous les tournois majeurs, mon pronostic pour ce Mondial 2026 est teinté de réalisme. Les Diables Rouges atteindront les quarts de finale — leur talent individuel et leur expérience collective garantissent au minimum un parcours jusqu’au deuxième tour. Mais aller au-delà semble improbable. Le temps a rattrapé cette génération dorée, et les solutions de remplacement n’offrent pas les mêmes garanties.

Pour nous Luxembourgeois qui les soutenons comme une deuxième équipe nationale, ce Mondial représente la fin d’une époque. Hazard a pris sa retraite, De Bruyne et Courtois disputent leur dernier grand tournoi, Lukaku approche de la sortie. La prochaine Coupe du Monde en 2030 verra une Belgique transformée, avec de nouveaux leaders et peut-être de nouvelles ambitions. Profitons de ces derniers matchs de la génération dorée — même imparfaite, même vieillissante, elle nous a offert des moments de football inoubliables.

Créé par la rédaction de « Cdmlufootball2026 ».